La Pieuvre est une association basée à Paris et fondée en 2018 à l’initiative de Rebecca Journo et Véronique Lemonnier. Leur collaboration naît de valeurs éthiques et esthétiques communes. Leur démarche artistique se situe à la lisière de différents médiums entre danse, performance, musique et photographie. Depuis sa création, La Pieuvre a produit quatre créations chorégraphiques de Rebecca Journo : L'Épouse (2018) & La Ménagère (2019) Whales (2020) et Portrait (2022). La collaboration avec le créateur sonore Mathieu Bonnafous sur La Ménagère, Whales et Portrait s'approfondit autour de cette recherche de coécriture entre son et mouvement. Avec le diptyque L'Épouse & La Ménagère, Rebecca Journo reflète sur des figures archétypales féminines et tente par le corps de déconstruire ces identités présupposées. Véronique Lemonnier, danseuse-interprète, questionne parallèlement la représentation du corps féminin par son travail photographique sur le nu et l'autoportrait. A travers leurs travaux, elles revendiquent une identité multiple, cherchant leur manière singulière de se rapporter à la réalité.

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Travail choréographique

« Je me fascine pour le comportement des petites choses. En allant visiter les interstices, le mouvement semble capable de rendre visible et palpable le domaine de l’imperceptible. Je relie ce goût pour le micro mouvement avec l’envie d’inviter l’interlocuteur à l’intérieur du corps vécu. Je me rattache au principe énoncé par Gaston Bachelard dans La Poétique de l’espace, l’imagination augmenterait les valeurs de la réalité. Je crois aux pouvoirs de l’imagination dans la transformation du corps et du mouvement. La recherche et l’écriture chorégraphique deviennent pour moi l’espace de jeu entre présence, pensée, émotion et geste, où l’on explore tout ce qui construit un état de corps. L’imagination, le corps et le son constituent la matière première avec laquelle je cherche progressivement un langage chorégraphique. La tension entre le corps objet et le corps vécu m’intéresse particulièrement dans la fabrication d’un geste. Oscillant entre figuration et abstraction, je me demande comment le mouvement vient communiquer une sensation. »

Travail photographique

« Dans la nudité cohabitent puissance et fragilité, à l’image de la Nature douce et dangereuse dans laquelle j’ai baigné depuis l’enfance. Je cherche une forme de discussion entre la femme que je suis et l’enfant que j’étais, apeurée et amoureuse de cette nature engloutissante. Dans ces paysages naturels, je projette une infinité de sentiments dans lesquels je m’épanche, à la recherche des miroirs invisibles. Dans cette quête, l’objectif n’est autre que le détonateur face auquel je deviens l’observateur observé. ». Véronique Lemonnier

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